Introduction et illustrations

À propos de la Grande Perspective

   Cette composition d’une singulière ampleur est depuis plus de quarante ans l’un des sujets d’intérêt de notre comité. Si cette ligne verte de plus de 3 km qui, du Nord au Sud va de Bellevue à Clamart, nous a été léguée par l’histoire, c’est surtout l’intérêt qu’elle présente pour le présent et le futur que nous défendons. Il est peu de sites dans la proximité immédiate de Paris qui ait autant d’importance dans l’évolution de l’histoire du paysage. Cette création artificielle du XVIIème siècle a jusqu’à nos jours formé un véritable rempart entre l’extension incontrôlable de la ville et la nature.
   La ville est à l’Est, la nature à l’Ouest. Seule exception l’avenue du Château habitée sur les deux côtés, mais à l’Ouest la faible densité se heurte vite à la forêt domaniale ou à la propriété du Collège de France qui n’en est qu’un prolongement.
   Le terme de rempart prend tout son sens devant les murs de la grande terrasse et de la terrasse supérieure ; si ces gigantesques ouvrages (de même pour l’Orangerie) n’avaient pas été construits, rien ne s’opposerait à l’extension du village du XVIIème siècle qui serait aujourd’hui une ville en lieu et place de la forêt.
   Cette frontière se poursuit dans la vallée : à l’Est le quartier d’Arthelon et les terrains de l’ONERA potentiellement constructibles, à l’Ouest la forêt à peine éclaircie par le cimetière.
   Des larmes pour le fond de la vallée : l’étang hexagonal et ses abords, espace exceptionnel qu’un pitoyable imbroglio administratif interdit au public depuis plus de soixante ans sans pour autant empêcher sa dégradation.
   L’horizon se clôt au Sud par le Tapis Vert inclus dans la forêt domaniale sur la commune de Clamart ; il ne souffre présentement que d’un manque d’entretien.
   S’attacher à la protection et à la sauvegarde de cet ensemble pour en permettre la découverte au plus grand nombre, ça n’est pas aduler le passé, c’est vouloir maintenir cet équilibre indispensable entre ville et nature, sauver la forêt (insidieusement contrainte par l’urbanisation), mais aussi affirmer notre volonté de protéger pour transmettre.
Michel Jantzen (7/4/2016)

Sur ce sujet, parmi les numéros récents de notre bulletin, on lira avec profit les numéros 126 et 127 (sauvegarde de la Grande Perspective), 133 et 135 (mise en valeur de la partie sud de la Grande Perspective de Meudon).
On pourra aussi consulter une page intéressante de l’”Atlas des paysages et des projets urbains des Hauts-de-Seine”

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